Florence Nightingale
« L’Institut de soins aux dames malades », avec ses 27 lits qu’elle dirige, a été créé quelques années plus tôt pour soigner à moindre coût les femmes de bonnes familles ne pouvant payer des soins privés. La même année les tensions entre les puissances européennes montent à propos des rivalités entre les catholiques et les orthodoxes au Saint-Sépulcre à Jérusalem, territoire ottoman. A Pâques 1846, un affrontement entre les deux communautés avait fait une quarantaine de morts et depuis, la situation n’avait cessé de dégénérer. La guerre éclate entre la Russie et l’Empire ottoman auquel les Empires britanniques et français et le royaume de Sardaigne se sont alliés.
Les troupes anglaises commencent à partir au début de 1854 en vue d’attaquer la Crimée. Un camp de transit est établi à Varna en Roumélie où sont rassemblés 60.000 soldats. Les conditions de vie à Varna sont si déplorables qu’environ 20% des militaires sont atteints de dysenterie ou de choléra. Un millier d’hommes meurt avant même d’atteindre le front. Les conditions sont encore pires pour les militaires blessés sur le front. Les hôpitaux de Constantinople où ils sont transférés, sont débordés, d’autres sont aménagés à la hâte, mais l’hygiène est si mauvaise que les pertes en vies humaines atteignent des sommets.
Devant l’ampleur du désastre, Florence Nightingale décide d’organiser une mission humanitaire avec l’appui des autorités anglaises. Le 21 octobre 1854, elle débarque avec une équipe de 38 infirmières volontaires à la caserne de Selim à Üsküdar (anciennement Scutari), où un hôpital militaire a été aménagé, à 550 kilomètres du front.


