CHRONIQUE D'UNE RÉVOLUTION : UKRAINE 2013-16
7. Roulette russe dans le ciel ukrainien : la destruction du vol MH17
Pierre Scordia
Une tragédie imputée à l’incompétence prorusse
Pour la revue britannique The Economist, la destruction du vol MH17, un Boeing 777 de la Malaysia Airlines, serait le fruit de l’incompétence de combattants prorusses ayant reçu des missiles de fabrication russe sans formation adéquate ni ordre explicite. Le Kremlin chercherait désormais à détourner les responsabilités vers l’armée ukrainienne.
Le Kremlin, une menace au-delà du Donbass
Il est impératif de sanctionner Vladimir Poutine pour sa politique belliqueuse et expansionniste. Le conflit ne se limite pas au Donbass : en Géorgie, la Russie n’avait pas hésité à dépasser les frontières de l’Abkhazie. Aujourd’hui, les pays baltes et le Kazakhstan apparaissent également vulnérables, tandis que la propagande d’État empêche toute remise en question à l’intérieur de la Russie.
Un consensus médiatique… à une exception près
La quasi-totalité des médias occidentaux attribuent la responsabilité du drame à la Russie et soutiennent des sanctions contre le régime poutinien. Une exception notable : Causeur, publication française qui se distingue par sa ligne éditoriale prorusse et résolument anti-ukrainienne.
La vision provocatrice de Slobodan Despot
Causeur donne la parole à Slobodan Despot, écrivain suisse d’origine serbe, défenseur d’un discours prorusse, anti-occidental, anti-américain et ouvertement homophobe. Dans un article au vitriol intitulé « Misère de l’occidentalisme », il dresse un portrait à charge de l’Occident, qu’il accuse de promouvoir la décadence, de favoriser l’islamisation et de combattre l’identité slave, fondée selon lui sur la famille, le christianisme et l’héroïsme.
Une Russie idéalisée contre un Occident décrié
Despot accuse l’Occident de projeter sur la Russie ses propres horreurs — de Guantánamo aux interventions militaires au Moyen-Orient. Il va jusqu’à affirmer que l’Occident est responsable à la fois du djihadisme et de la résurgence du nazisme, notamment en soutenant, selon ses termes, « les nazis enragés de Kiev ». À ses yeux, la Russie n’est pas un empire oppresseur, mais l’avant-poste d’une nouvelle décolonisation.
FΩRMIdea Paris, le 23 juillet 2017





